Installation d'un Chauffe-Eau Thermodynamique : quelles conditions ?

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Publié le

par marie

Chauffe-eau thermodynamique
Chauffe-eau thermodynamique

On dit souvent qu'un chauffe-eau thermodynamique (CET) consomme jusqu'à trois fois moins qu'un cumulus électrique classique, et c'est vrai. Pourtant, pour que cette technologie écologique soit réellement rentable, il faut réunir certains critères. Dans cet article, nous détaillons toutes les conditions d'installation d'un chauffe-eau thermodynamique, pour que vous ayez une vision claire et complète de ce que représente cette solution de production d'eau chaude sanitaire pour votre logement et votre foyer.

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Ce qu'il faut retenir

Le chauffe-eau thermodynamique est vraiment intéressant pour vous et votre porte-monnaie si :

  • vous vivez en maison individuelle tout-électrique et remplacez un vieux cumulus électrique ;
  • votre foyer compte au moins 3 personnes, idéalement 5 à 6 ;
  • vous habitez une région à climat doux (Méditerranée, façade Atlantique, Sud-Ouest) ;
  • l'appareil coûte 3 500 € maximum pose comprise, correctement dimensionné par rapport à vos besoins.

Si ces critères ne sont pas réunis, mieux vaut lire cet article jusqu'au bout avant de vous décider !

 

Qu'est-ce qu'un chauffe-eau thermodynamique ?

Commençons simplement : qu'est-ce qu'un chauffe-eau thermodynamique (CET) et pourquoi installer ce modèle plutôt qu'un chauffe-eau électrique classique ?

Il combine une pompe à chaleur et un ballon de stockage d'eau chaude

Son mode de chauffage capte les calories présentes dans l'air et les transfère dans l'eau du réservoir. Trois éléments composent l'appareil :

  • une pompe à chaleur ; 
  • un cumulus ; 
  • et une résistance électrique d'appoint qui prend le relais quand l'air ne fournit plus assez de calories.
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Cette technologie puise dans une source d'énergie renouvelable : l'air ambiant.

Ce qui en fait une option plus écologique qu'un chauffe-eau électrique, fonctionnant uniquement par résistance électrique.

 

Un indicateur caractérise sa performance : le COP

Le COP (coefficient de performance) mesure le rapport entre l'énergie électrique consommée et l'énergie thermique produite. Attention cependant : il existe plusieurs façons de mesurer ce COP, et elles ne donnent pas du tout le même résultat ! 

C'est ce que montrent les travaux du COSTIC (Comité Scientifique et Technique des Industries Climatiques), menés pour le compte de l'ADEME. 

  • Il y a d'abord le COP annoncé par les fabricants, celui affiché sur l'étiquette énergie, mesuré en laboratoire dans des conditions optimales (norme EN 255-3) : il se situe autour de 2,8 à 3,5.
  • Il y a ensuite le COP en usage quotidien réaliste, mesuré lui aussi en laboratoire mais sur un cycle de 24h avec plusieurs puisages et en tenant compte des pertes de chaleur du ballon : il tombe à 1,6 - 1,9
  • Et il y a enfin le COP annuel réel, mesuré cette fois sur le terrain par l'ADEME, dans de vraies maisons, avec la météo et les habitudes de consommation réelles du foyer : c'est le chiffre qui compte vraiment pour votre facture, et il est encore plus bas, entre 0,96 et 1,75, parfois moins en cas de défaut d'installation.

À titre de comparaison, l'UFC Que Choisir indique qu'un cumulus électrique classique affiche un COP moyen de 0,8. Ce qui signifie tout de même qu'avec le COP réel, le chauffe-eau thermodynamique reste donc nettement plus performant ! 

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Plus on se rapproche des conditions réelles d'utilisation, plus le COP baisse.

Car s'ajoutent des facteurs que le laboratoire ne peut pas simuler : l'emplacement du ballon, son dimensionnement par rapport aux besoins du foyer, et le réglage de la consigne de température. C'est justement pour cette raison qu'il faut soigner l'emplacement et l'installation du chauffe-eau, comme on va le voir dans la suite de l'article.

 

Air ambiant, air extrait, air extérieur : que choisir pour la pose d'un chauffe-eau thermodynamique ?

Trois grandes catégories d'appareils existent selon la source d'air utilisée pour capter les calories. Cette classification vous aidera à mieux comprendre les parties suivantes sur l'emplacement et les contraintes d'utilisation pour le ballon thermodynamique.

Le chauffe-eau thermodynamique sur air ambiant

Ce type puise directement dans l'air de la pièce où vous l'installez. Pour bien fonctionner, choisissez un local ni trop froid (le rendement d'une pompe à chaleur chute avec la température) ni chauffé (sous peine d'alimenter votre chauffe-eau avec l'énergie de votre chauffage, ce qui annule tout l'intérêt de la démarche). 

Prévoyez également un volume minimal, généralement autour de 20 m³, pour permettre un échange thermique correct — d'où le choix habituel d'un garage, d'un cellier ou d'une buanderie. Son principal avantage : il ne nécessite aucun perçage de mur extérieur, ce qui le rend théoriquement envisageable en appartement, même si cette configuration reste délicate en pratique (voir plus bas).

Chauffe-eau thermodynamique installé dans un garage

L'installation d'un chauffe eau thermodynamique sur air extérieur 

Ce type de CET capte les calories directement à l'extérieur du logement, sur le même principe qu'une pompe à chaleur, constituée d'une unité en extérieure et d'unités intérieures.

Deux configurations existent : 

  • le modèle monobloc regroupant tous les composants à l'intérieur et se reliant à l'extérieur par un système de gaines.
  •  le modèle split séparant le ballon (intérieur) de la pompe à chaleur (extérieure). 

Cette dernière solution implique des travaux plus conséquents (percement de mur), ce qui la réserve presque exclusivement aux maisons individuelles.

Chauffe-eau thermodynamique installé en buanderie avec gainage vers l'extérieur

Installé en buanderie et raccordé par gaine à l'air extérieur, ce chauffe-eau thermodynamique s'intègre sans empiéter sur l'espace de vie.

Le CET sur air extrait (couplé à une VMC)

Ce type de CET se couple à une VMC double flux : l'appareil récupère les calories de l'air extrait par la ventilation, notamment depuis les pièces humides comme la salle de bains ou la cuisine, pour chauffer l'eau du ballon, puis rejette l'air refroidi à l'extérieur du logement. 

On reviendra plus bas sur les coûts cachés de cette configuration liés à l'augmentation du débit de VMC.

Schéma d'un chauffe-eau thermodynamique sur air extrait raccordé à la VMC

Coupler CET et VMC, c'est valoriser un air déjà chaud plutôt que de le rejeter sans rien en faire !

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Si ce panorama vous semble déjà technique, sachez que certains appareils ajoutent encore un niveau de complexité !

Certains modèles polyvalents peuvent puiser l'air aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, selon la façon dont vous les raccordez — c'est le cas de nombreux appareils du marché. Il existe enfin des chauffe-eau thermodynamiques géothermiques, plus rares, qui captent la chaleur du sol plutôt que celle de l'air. Pas d'inquiétude, les professionnels sont là pour vous accompagner dans ce choix !

 

Quelles sont les conditions pour installer un ballon thermodynamique ?

Le chauffe-eau thermodynamique n'est pas un équipement universel qui délivre les mêmes performances partout, quel que soit le foyer. Sa rentabilité dépend d'un ensemble de conditions à vérifier avant l'achat.

  • Le type de logement : un CETI (chauffe-eau thermodynamique individuel) est adapté à une maison individuelle avec local technique disponible.
  • La zone géographique et le climat : les régions aux hivers rigoureux ne se prêtent pas à ce type d'installation.
  • La composition du ménage : un CET devient pertinent à partir de 3 personnes dans le foyer, et particulièrement rentable pour des ménages de 5 à 6 personnes.

Le tableau ci-dessous récapitule, pour chacun de ces critères, les configurations à privilégier pour l'adoption d'un ballon thermodynamique. 

 Condition à privilégier pour l'installation d'un chauffe-eau thermodynamiquePourquoi ?
RégionMéditerranéeHivers doux, parfaitement adapté
RégionOuest (façade Atlantique conseillée)L'air se réchauffe en journée
RégionSud-OuestL'air se réchauffe en journée
LogementMaison individuelle avec local non chaufféIdéal en remplacement d'un ballon électrique
FoyerFamille de 5 à 6 personnes (ballon 250 L)Besoins importants, rentabilité maximale
FoyerCouple + 1 enfant (ballon 110 L)Rentabilité possible
EmplacementPrélèvement sur air extérieur (gaines étanches)La solution la plus satisfaisante en performance
EmplacementPrélèvement sur air ambiant, dans un local bien isolé (buanderie, cellier)Possible si l'isolation du mur est renforcée
Contrat électriqueSouscription en heures creusesPrix du kWh inférieur
RéglageConsigne quotidienne à 50°C (COP optimal) + cycle hebdomadaire de désinfection à 60-65°C sur ~100 L pendant 5 min (résistance électrique) Concilie rentabilité énergétique et sécurité sanitaire (prévention légionellose)

Deux autres points sont importants à considérer. 

Le premier concerne l'isolation de la pièce d'installation. Pour limiter le refroidissement de l'eau dans la cuve, il faut soigner l'isolation thermique du local et, idéalement, placer l'appareil dans un volume non chauffé, attenant à l'espace chauffé habitable. Dans tous les cas, il faut éviter les pièces exposées au froid. 

Le deuxième point est la nécessité de dimensionner le ballon par rapport aux besoins réels du foyer. Un ballon surdimensionné par rapport à la consommation d'eau chaude entraîne des cycles de marche/arrêt trop fréquents, ce qui dégrade la performance énergétique de l'appareil sur la durée. 

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Et le CET sur air extrait (VMC simple flux) ?

Brancher un CET sur l'air extrait de la VMC améliore son rendement, car l'air intérieur est plus chaud que l'air extérieur. Mais cette configuration cache un coût : elle vous oblige à augmenter le débit de la VMC, ce qui implique souvent d'ajouter des gaines de ventilation (installation plus coûteuse) et d'accepter davantage de déperdition de chaleur vers l'extérieur, donc une surconsommation de chauffage. Le gain réalisé sur l'eau chaude peut ainsi s'annuler, en partie ou totalement, avec la perte sur le chauffage. Étudiez cette option au cas par cas, pas comme solution par défaut.

 

Où installer un chauffe-eau thermodynamique ?

Le meilleur emplacement pour un CET dépend surtout du modèle choisi.  Le raisonnement qui suit concerne surtout les chauffe-eau thermodynamiques sur air ambiant, la configuration la plus courante en rénovation, mais également la plus exigeante. 

Sur ce type de CET, rappelons que la pompe à chaleur aspire l’air de la pièce et y rejette l’air refroidi, un équilibre est à trouver pour éviter de « consommer » un air déjà chauffé par votre système de chauffage et pour éviter de refroidir la pièce ! 

Voici les critères à respecter en pratique pour l'installation de ce chauffe-eau thermodynamique.

  • Installez-le dans un local situé en dehors de l'espace habitable chauffé, avec une très bonne isolation entre les deux zones. 
  • Assurez-vous que la pièce fait au moins 6 m² au sol, pour un volume d'au moins 20 à 25 m³ selon les modèles. Attention : des meubles de rangement ou des appareils électroménagers entreposés dans la pièce réduisent d'autant ce volume utile. 
  • Vérifiez que la température ambiante du local reste supérieure à 5°C l'hiver (y compris la nuit) et inférieure à 35°C l'été
  • Prévoyez une entrée d'air d'environ 20 x 25 cm dans la pièce.
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Le CET « sur air extérieur » (split ou avec gaine vers l'extérieur) allège nettement les contraintes de volume vues plus haut pour l'air ambiant.

Installez-le simplement sur un support stable, dans un local hors gel et accessible pour l'entretien (buanderie, cellier, sous-escalier aménagé...). Si vous optez pour un modèle split, veillez surtout à bien fixer l'unité extérieure, à la dégager pour la circulation d'air, et à l'éloigner des chambres pour limiter les nuisances sonores.

 

Installation d'un chauffe-eau thermodynamique dans un appartement : est-ce possible ?

En théorie, oui, à condition d'opter pour un modèle sur air ambiant, qui ne nécessite pas de percer le mur extérieur. 

Mais dans les faits, cette installation reste risquée en appartement : comme évoqué plus haut, la pompe à chaleur rejette de l'air froid en continu dans la pièce où elle puise ses calories. Si cette pièce communique avec l'espace de vie (même indirectement, via une buanderie mal isolée), vous risquez de dégrader le confort thermique du logement et d'augmenter votre facture de chauffage - un phénomène qui vient grignoter les économies attendues sur l'eau chaude. 

Le manque d'espace disponible en appartement constitue également un frein fréquent. En copropriété, vérifiez aussi que le règlement autorise ce type d'installation.

Peut-on mettre un chauffe-eau thermodynamique dans un placard ?

Sur les modèles gainés (raccordés à l'air extérieur ou à une VMC via des conduits), oui le ballon peut être installé dans un espace plus restreint avec une déportation de la prise d'air ailleurs. La contrainte de volume d'air n'est pas aussi prégnante que pour un CET sur air ambiant. 

En revanche, pour un CET sur air ambiant a besoin d'un volume d'air conséquent pour permettre un échange thermique correct — un placard classique, même de bonne taille, n'atteint pas ce volume. Installer l'appareil dans un espace trop confiné revient à le faire tourner en permanence avec un air appauvri en calories, ce qui dégrade fortement son COP et peut aussi générer un inconfort sonore si le placard jouxte une pièce de vie. 

Peut-on installer un chauffe-eau thermodynamique dans un garage ?

Le garage est l'un des emplacements les plus recommandés pour un CET, même si l'ouverture et la fermeture répétées de la porte de garage créent des variations de température qui nuisent à la stabilité thermique requise.  

Si vous optez pour cet emplacement, il faudra également respecter certaines conditions. 

  • Tout d'abord, il faudra veiller à ce que cet espace ne s'encombre  pas au fil du temps par divers objects, sous peine de voir son volume utile diminuer au fil du temps. 
  • Renforcez l'isolation du mur côté logement.
  • Remplacez la porte d'accès intérieure par un modèle isolant, pour empêcher le froid généré par le CET de se propager vers l'espace habité. 

Autre point de vigilance si une voiture est garée dans le garage : les émanations d'échappement peuvent être aspirées par l'appareil et se retrouver diffusées dans l'air, ce qui pose un problème sanitaire si le garage communique avec les pièces à vivre du logement. Ce risque ne se pose pas avec une voiture électrique.

Quels sont les inconvénients de ce type de chauffe-eau et comment les contourner ?

Le chauffe-eau thermodynamique cumule plusieurs limites à connaître avant de vous équiper. Son fonctionnement dépend fortement de votre région, tandis que son installation reste encombrante et plus bruyante qu'un cumulus classique. Il y a également quelques réglages à connaître quant au réglage de la température de l'eau ou à l'usage de la résistance électrique d'appoint. Voici donc ces quatre points de vigilance et comment les contourner !

Un système pas adapté dans toutes les régions

Pour fonctionner, il a besoin de récupérer les calories présentes dans l'air ambiant. Il faut donc que cet air soit un minimum chaud pour lui garantir un fonctionnement optimal, soit, nécessairement à plus de 5° C et idéalement à 20° C. Dans cette logique, cet appareil n'est donc pas adapté dans les localisations où les hivers sont particulièrement rigoureux, comme dans l'Est et le Nord de la France, et celles où les températures extérieures sont généralement froides, comme dans les zones de montagne.

Au contraire, il s'adresse aux régions où la saison hivernale est douce, à l'instar du climat méditerranéen, ainsi qu'aux zones où les températures en journée sont clémentes pour permettre à l'air de se réchauffer durant celle-ci. En France, c'est le cas des régions Ouest, du côté de la façade Atlantique, et Sud-Ouest.

Une installation bruyante et volumineuse

Comme autre inconvénient, nous pouvons également parler de l'encombrement et du fait que le ventilateur intégré au ballon d’eau chaude génère un bruit de fond assez fort. Il paraît donc difficile d'avoir une telle installation dans un appartement, compte tenu de la place disponible, souvent limitée, et de la nuisance sonore générée.

N'installez aucun modèle dépassant le seuil de 50 décibels à proximité d'une chambre ou d'une pièce de vie, sachant que 3 décibels de plus doublent le bruit perçu ! 

Au-delà de 50°C, la performance se dégrade rapidement

Au-delà de 50 °C, la performance d’un chauffe-eau thermodynamique (CET) chute parce que la pompe à chaleur doit travailler avec un écart de température trop grand entre la source froide (l’air) et la source chaude (l’eau du ballon), ce qui fait baisser fortement son COP.

D'un autre côté, il faut maintenir la température de l'eau à une certaine limite haute pour ne pas favoriser la légionellose, dont la bactérie prolifère entre 25 et 45 °C. L'agence régionale de santé d'île de France recommande une eau chaude sanitaire supérieure ou égale à 50 °C en tout point du réseau.

Aussi, pour concilier rentabilité et sécurité sanitaire, réglez la consigne quotidienne à 50°C (COP optimal), et laissez l'appareil réaliser un cycle hebdomadaire de désinfection à 60-65°C sur une partie du volume : vous éliminerez ainsi tout risque de développement de légionelles.

Le relais électrique peut vite faire grimper la facture

Comme on l'a dit plus haut, le chauffe-eau thermodynamique contient une résistance électrique d'appoint prend le relais dès que vos besoins en eau chaude dépassent ce que la pompe à chaleur peut fournir seule (uniquement lorsqu'il n'est relié ni à des panneaux solaires, ni à une chaudière existante, ni à une VMC).

Au moment du choix de votre appareil, il s'avère donc pertinent de vérifier le réglage de la régulation électronique. Le but étant d'éviter que les résistances se déclenchent de façon intempestive ou incontrôlée, sous peine de faire grimper votre facture et d'annuler l'intérêt économique de l'appareil ! 

Recherchez plutôt une fonction d'enclenchement manuel. Ou à l'usage, optez pour un fonctionnement « Eco » ou « Green » qui limite au maximum l'usage de la résistance.

Est-il rentable d'investir dans un chauffe-eau thermodynamique ?

Selon l'UFC Que Choisir, un chauffe-eau thermodynamique n'est rentable que

  • s'il est payé au juste prix, soit 3 500 € maximum pose comprise ; 
  • et installé avec un volume de ballon adapté à la consommation du foyer.

Pour une famille de 4 personnes équipée d'un appareil ni sous-dimensionné ni surdimensionné, Que Choisir estime la rentabilisation entre 2 et 6 ans, et un résultat encore meilleur pour une famille de 5 à 6 personnes.

En revanche, si votre consommation reste faible — une facture annuelle d'environ 330 € avec un cumulus classique, par exemple — même en la divisant par deux grâce au CET, vous ne compenserez le surcoût de l'appareil qu'au bout de 10 à 13 ans pour les modèles les plus chers. 

Autrement dit : plus votre foyer est petit, moins l'investissement se rentabilise rapidement.

Quelle est la consommation mensuelle d'un chauffe-eau thermodynamique ?

D'après le panel Elecdom de l'ADEME, un chauffe-eau électrique classique consomme en moyenne 1 676 kWh par an, soit environ 325 € par an au tarif réglementé de l'électricité (0,1940 €/kWh en option base, juillet 2026).

Selon EDF, un chauffe-eau thermodynamique permet d'économiser jusqu'à 70 % de cette consommation. Concrètement, cela représente une économie potentielle allant jusqu'à 227 € par an sur votre facture d'eau chaude.

Mais cette économie reste donc théorique tant que l'appareil n'est pas amorti ! Pour calculer les vraies économies potentielles réelles, parlons de la durée de vie de votre futur appareil.

Quelle est la durée de vie d'un ballon thermodynamique ?

Pour calculer le montant des aides CEE, l'État retient une durée de vie conventionnelle de 17 ans (source : ecologie.gouv.fr, fiche BAR-TH-148). Gardez en tête que cette valeur reste une base de calcul administrative pour les primes énergie, pas une donnée empirique de durée de vie réelle : elle s'applique uniformément à tous les appareils, indépendamment de leur usage réel.

En pratique, la durée de vie dépend fortement de l'entretien que vous réalisez (détartrage, vérification de l'anode) et varie selon les fabricants et les gammes.

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L'entretien est à faire réaliser tous les 18 mois, détartrage inclus, pour un coût moyen de 100 à 250 €.

D'une part il prolonge nettement la durée de vie de l'appareil. Et d'autre part, il maintient aussi le COP de l'installation au top, en évitant toute fuite ou panne. performances au meilleur niveau et évite panne ou fuite.

 

 

Concrètement, combien d'argent un nouveau chauffe-eau permettra-t-il d'économiser ?

Sur 17 ans de durée de vie, le résultat financier dépend beaucoup de la taille de votre foyer.

  • Pour une famille de 3 à 4 personnes, une fois l'entretien déduit, le gain net tombe à environ 1 000 € sur toute la durée de vie de l'appareil, soit à peine 60 € par an
  • Pour un foyer de 5 personnes bien dimensionné, avec une rentabilisation plus rapide (2 ans), le gain net grimpe à environ 7 000 € sur 17 ans, soit plus de 400 € par an.

L'écart est donc considérable ! La rentabilité du chauffe-eau thermodynamique ne se manifeste pleinement que lorsqu'il est envisagé comme une solution pour une famille nombreuse, installé dans des conditions adaptées, moyennant un prix d'achat n'excédant pas 3 500 € TTC et un entretien dont le coût reste raisonnable (175 euros tous les ans et demi).

Au final, quel est le chauffe-eau thermodynamique le plus rentable ?

La rentabilité varie surtout selon le type de source d'air que vous choisissez.

  • Un modèle sur air extérieur garde ses performances toute l'année mais coûte plus cher à poser (percement du mur, gainage).
  • Un modèle sur air ambiant coûte moins cher à installer mais dépend fortement du volume et de la température du local.
  • Un modèle sur air extrait (couplé à la VMC) offre le meilleur rendement sur le papier, mais son surcoût d'installation et la surconsommation de chauffage qu'il entraîne (voir l'encart plus haut) peuvent réduire son avantage réel.

Dans tous les cas, les performances d'un CET varient selon deux paramètres : la température de l'air sur lequel il puise les calories, et la température de consigne de l'eau stockée dans le ballon. Plus ces deux valeurs s'éloignent des conditions de laboratoire (7°C, COP nominal), plus le rendement réel s'écarte de la promesse affichée sur l'étiquette.

 

Avant de trancher pour un CET, prenons un peu de recul...

Il existe en réalité trois grandes façons de produire de l'eau chaude sanitaire dans un logement :

  • via votre système de chauffage existant (chaudière gaz, bois, fioul, pompe à chaleur...) ; 
  • via un chauffe-eau solaire individuel (CESI) ; 
  • ou via un chauffe-eau thermodynamique.

 

Le réflexe à avoir n'est pas forcément de foncer sur la solution la plus technologique !

Les systèmes les plus simples restent souvent les plus fiables et les plus rentables. Si vous disposez déjà d'une chaudière fonctionnant à un combustible économique (gaz naturel, granulés de bois), il est souvent plus judicieux de conserver ce mode de production d'eau chaude plutôt que d'investir dans un CET. Et si la configuration de votre toiture le permet, des capteurs solaires individuels méritent d'être sérieusement envisagés comme alternative.

Y a-t-il des aides pour l'installation d'un chauffe-eau thermodynamique ?

En cumulant les différents dispositifs, vous pouvez obtenir jusqu'à environ 1 300 € d'aides directes (MaPrimeRénov' + prime CEE), auxquels s'ajoutent la TVA réduite et l'éco-prêt à taux zéro. Mais ce montant maximal dépend beaucoup des revenus du foyer. 

MaPrimeRénov' est actuellement l'aide la plus importante pour l'installation d'un chauffe-eau thermodynamique. Elle peut aller de 400 à 1200 € pour les ménages aux revenus modestes ou très modestes, mais nettement moins pour les ménages aux revenus intermédiaires ou supérieurs. Vérifiez votre éligibilité grâce au simulateur ci-dessus.

La prime CEE (certificats d'économies d'énergie) est, en revanche, un coup de pouce systématique, sans condition de revenus, c'est  : comptez entre 100 et 176 € selon votre fournisseur d'énergie.

La TVA réduite à 5,5 % (au lieu de 20 %) sur le matériel et la pose s'applique elle aussi sans condition de revenus, dès lors que votre installation s'inscrit dans un projet de rénovation énergétique.

L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est, quant à lui, un financement qui peut être intéressant. Il vous permet d'étaler le coût sans payer d'intérêts, ce qui reste utile si vous n'avez pas la trésorerie disponible.

Enfin, des aides locales (mairie, département, conseiller France Rénov') existent parfois et cela vaut le coup de se renseigner auprès de votre mairie, département, ou encore encore auprès d'un conseiller France Rénov'.

 

 

En résumé, nous espérons que vous en savez maintenant plus sur l'installation d'un chauffe-eau thermodynamique et toutes les conditions à respecter. Il est vrai qu'il n'y a pas mal de critères à prendre en compte, mais ça ne veut pas dire que le chauffe-eau thermodynamique est un mauvais choix : ces conditions délimitent simplement le cas où il devient vraiment intéressant.
Le scénario le plus favorable, c'est celui que recommande d'ailleurs ecologie.gouv.fr : une maison tout-électrique qui remplace un vieux cumulus électrique classique, sans chaudière gaz ou bois existante à laquelle greffer un ballon associé moins cher.
À cette base s'ajoutent les critères vus tout au long de cet article : un foyer d'au moins 3 personnes, idéalement 5 à 6 ; une région à climat doux (Méditerranée, façade Atlantique, Sud-Ouest) ; un local adapté ; et un appareil correctement dimensionné, dont le prix ne dépasse pas 3 500 € pose comprise. Réunissez ces conditions, et vous économiserez quelques 400 € par an sur presque toute la durée de vie de l'appareil. Dans le cas contraire — petit foyer, région froide, budget serré — l'argument financier s'efface, mais l'argument écologique reste valable : un chauffe-eau thermodynamique consomme toujours moins d'énergie qu'un cumulus classique ! 


 

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